Introduction : le retour à la réalité après une pause nécessaire
Les vacances d’hiver sont souvent attendues comme une bouffée d’air.
On ralentit, on dort un peu plus, on change de rythme. Les journées sont moins structurées, les horaires plus souples, et la pression retombe — au moins temporairement.
Mais lorsque la reprise arrive, beaucoup de familles vivent un choc silencieux.
Les matins deviennent lourds, les enfants traînent des pieds, les parents perdent patience plus vite que prévu.
Et une question revient souvent :
“Pourquoi c’est si difficile de reprendre alors qu’on n’a eu que quelques jours de pause ?”
1. Pourquoi la reprise est plus difficile après les vacances d’hiver
Contrairement à l’été, les vacances d’hiver arrivent au milieu d’une période déjà éprouvante :
- journées courtes,
- fatigue accumulée,
- manque de lumière,
- virus à répétition,
- surcharge émotionnelle.
Le corps et le cerveau profitent enfin d’un ralentissement…
et on leur demande brusquement de repartir à plein régime.
Pour les enfants, cela peut se traduire par :
- une grande fatigue au réveil,
- de l’irritabilité,
- une perte de motivation scolaire,
- des pleurs ou des refus inhabituels.
Pour les parents, par :
- une impatience accrue,
- un sentiment de découragement,
- l’impression de devoir “tirer” toute la famille vers l’avant.
2. Quand le rythme biologique est complètement déréglé
Pendant les vacances, les heures de coucher et de lever changent.
Même un léger décalage peut suffire à perturber :
- le sommeil,
- la concentration,
- la régulation émotionnelle.
Un enfant fatigué n’est pas un enfant difficile :
c’est un enfant dont le système nerveux est surchargé.
Et souvent, les parents le sont aussi.
On demande beaucoup à des corps et des esprits qui n’ont pas encore récupéré.
3. Les émotions derrière la résistance
Quand un enfant résiste à la reprise, ce n’est pas toujours par caprice.
Il peut ressentir :
- de l’anxiété liée à l’école,
- la peur de la performance,
- la tristesse de quitter un moment plus doux,
- ou simplement une grande fatigue émotionnelle.
Forcer sans écouter peut amplifier le malaise.
À l’inverse, nommer ce que l’enfant ressent aide souvent à désamorcer la tension.
“C’est normal que ce soit dur de reprendre.”
“Moi aussi, j’ai trouvé ça difficile ce matin.”
Ces phrases simples réinstallent un sentiment de sécurité.
4. Reprendre le rythme sans rigidité excessive
La reprise ne doit pas être brutale pour être efficace.
Quelques ajustements peuvent faire une grande différence :
- avancer progressivement l’heure du coucher sur quelques jours,
- alléger les soirées de la première semaine,
- éviter de surcharger l’agenda,
- prévoir des moments calmes après l’école.
L’objectif n’est pas la perfection, mais la stabilité retrouvée.
5. Le rôle du parent : contenir sans porter seul
Beaucoup de parents s’épuisent à vouloir tout gérer sans faillir.
Mais reprendre après les vacances, c’est un effort collectif, pas un test de performance parentale.
Accepter que :
- les premières journées soient imparfaites,
- la patience soit mise à l’épreuve,
- tout ne rentre pas immédiatement dans l’ordre,
c’est déjà soulager la pression.
Un parent apaisé aide davantage qu’un parent qui se force.
6. Redonner du sens à la reprise
Plutôt que de présenter la reprise comme une contrainte, il peut être utile de :
- parler des projets à venir,
- rappeler ce que l’enfant aime à l’école,
- valoriser les petits pas.
La motivation revient rarement par obligation.
Elle renaît quand l’enfant se sent accompagné et compris.
Conclusion : reprendre, c’est aussi se réajuster
La difficulté à reprendre après les vacances d’hiver n’est pas un échec.
C’est un signal.
Un signal que le corps, le cœur et l’esprit demandent un peu plus de douceur dans la transition.
En ralentissant légèrement le pas, en ajustant les attentes et en écoutant les émotions, la reprise devient plus fluide — pour les enfants comme pour les parents.
Parce qu’au fond, ce n’est pas la vitesse qui compte, mais la manière d’avancer ensemble.